Toutes les études ne mènent pas au même emploi :
les filières scientifiques recrutent, les filières littéraires précarisent

Que deviennent les diplômé·e·s selon leur filière ? Les données publiques dessinent un écart net : emploi stable et bien payé pour les sciences sélectives, précarité fréquente pour les études littéraires — la santé recrutant beaucoup, mais dans des conditions difficiles.

1 Trois familles qui combinent emploi, salaire et stabilité
Salaire net mensuel médian et taux d’emploi stable à 24 mois — diplômé·e·s du supérieur (MESR-SIES, InserSup)
Informatique & numérique
Développement, réseaux, cybersécurité, data, IA
2 560€/mois
médian · master info (24 mois)
+115 000
emplois créés d’ici 2030
Métiers : data scientist, expert cybersécurité, architecte cloud, chef de projet IT. Parmi les filières universitaires les mieux rémunérées.
Physique appliquée
Électronique, génie électrique, mécanique, énergie
2 435€/mois
médian · génie électrique
89 %
en emploi stable
Métiers : ingénieur électronicien, énergie, R&D matériaux, automaticien, télécoms. Forte demande industrielle.
Maths appliquées
Statistiques, modélisation, actuariat, finance quanti.
3 060€/mois
médian · maths appliquées
96 %
en emploi stable (actuariat)
Métiers : actuaire (3 405 €), data analyst, statisticien, ingénieur financier, modélisateur.
2 Trois autres voies, des réalités contrastées
La santé recrute mais use ; le droit sélectionne très durement ; les études littéraires offrent peu de débouchés stables
Santé & soin (bac+5)
Psychologue, orthophoniste — recrutent, mais rémunération contenue et conditions exigeantes
+223 000postes à pourvoir d’ici 2030 dans le soin (dont le métier d’infirmier).
1 985 €salaire net médian à 24 mois (psychologue, master de psychologie).
70 %des soignant·e·s libéraux·ales montrent des signes d’épuisement (40 % sévères).
Droit (bac+5)
Filière de masse à très forte sélection : peu deviennent réellement avocat·e ou magistrat·e
≈ 50 %échouent ou abandonnent dès la 1re année (passage en L2 ≈ 49 %).
≈ 20 %quittent le supérieur après la L1 ; ≈ 10 % se réorientent ailleurs.
≈ 10 %de réussite au concours de magistrature (ENM) ; ≈ 30 % à l’examen d’avocat (CRFPA).
Lettres · Langues · Arts (bac+5)
Débouché stable = enseignement (concours). Hors enseignement, emploi rare et précaire
48 %seulement en emploi salarié 6 mois après le master LLA (le plus faible des domaines).
42 %des diplômé·e·s en emploi sont en CDD ; moins de 50 % ont un statut de cadre.
1 936 €salaire net médian à 24 mois (master lettres), sous la médiane de tous les masters (≈ 1 990 €).
3 L’inégalité salariale : filières sélectives contre filières littéraires
Salaire net mensuel médian (EQTP) à 24 mois — diplômé·e·s de niveau bac+5 / master (agrégation du fichier ministériel d’insertion · MESR-SIES)
Master maths appliquées / actuariatsélectif · bac+5
3 060 €
Master informatiquesélectif · bac+5
2 560 €
Master physique appliquéesélectif · bac+5
2 435 €
Master droit (DEG)peu sélectif · bac+5
2 174 €
Santé — psychologue / orthophonistebac+5
1 985 €
Master Lettres-Langues-Artspeu sélectif · bac+5
1 936 €
Sciences sélectives Santé Littéraire Médiane de l’ensemble des masters : ≈ 1 990 € net/mois à 12 mois.
Ce qu’il faut retenir

Les filières scientifiques sélectives (informatique, physique appliquée, maths appliquées) mènent à un emploi abondant, stable et bien rémunéré. La santé recrute massivement mais expose à une forte pénibilité. Le droit sélectionne très durement : peu accèdent réellement aux métiers d’avocat·e ou de magistrat·e. Les études littéraires, hors concours d’enseignement, débouchent souvent sur un emploi rare et précaire. Le choix des spécialités dès la seconde engage cette trajectoire.

Sources officielles